la gentillesse est-elle une faiblesse ?
la gentillesse est-elle une faiblesse ?

Valeur positive embrassant générosité, bienveillance et altruisme, la gentillesse a pourtant souvent mauvaise presse. Synonyme, pour certains, , de naïveté ou de simple bêtise, elle est vite renvoyée au pays des Bisounours, là où, justement, « tout le monde est beau et gentil ».
Dans la vraie vie, à moins d’être la « bonne poire », nous croyons parfois qu’il vaut mieux être battant, égoïste et sans états d’âme, conditions sine qua non pour réussir et se faire respecter. Nous pensons à tord que le gentil est trop faible pour connaître ses désirs et pour les imposer aux autres donc qu’il est fatalement un perdant (c’est pourtant loin d’être le cas, bien au contraire !). Aujourd’hui, nous considérons souvent la gentillesse que sous l’angle de la manipulation (une séduction pour arriver à ses fins) ou de la vulnérabilité. Celle du timide, qui ne sait pas dire non, prêt à tout pour être aimé… quitte à se faire avoir.
Pourtant,la communication non violente est pour moi l’exemple même de ce que la gentillesse peut accomplir comme miracles. Elle permet d’obtenir une véritable compréhension entre 2 personnes sans qu’il y ait de contrainte de l’autre.L’empathie, demande réciprocité :
‘Être à l’écoute des pensées et des émotions de l’autre, tout en acceptant qu’il ait accès aux miennes et qu’il m’apprenne des choses sur moi’
Loin d’être une faiblesse qui inhibe le moi et l’empêche de rencontrer autrui, c’est une force qui permet de s’ouvrir aux autres. C’est un choix comportemental qui nous laisse la possibilité de faire un pas en arrière si nous constatons que l’autre ne la mérite pas. Non un engrenage de soumission .
D’abord un sourire, un geste pour tenir la porte. Puis un compliment, une aide pour traverser la rue ou porter des sacs. Et, pourquoi pas, l’amorce d’une conversation, d’une découverte de l’autre et d’un dévoilement de soi. La gentillesse combat l’ignorance, dissipe la peur et la méfiance.
Disposition positive à voir le bon côté de l’autre, elle n’a rien d’obligatoire : je peux choisir de ne pas être gentil sans pour autant être un affreux méchant. Peu coûteuse en temps et en énergie, c’est pourtant une vertu efficace qui se cultive et qui se transmet facilement. Il me suffit en effet d’en bénéficier pour que mon estime de moi bondisse et qu’il me prenne l’envie d’être chaleureux à mon tour. Elle produit de la bonne humeur, du lien social et rend, la vie plus douce.
La vraie force, c’est justement de revendiquer sa gentillesse. Exprimer ses émotions, les accepter même si elles sont douloureuses et seulement à ce moment-là, passer à autre chose. S’entourer de personnes de qualités de qui on reconnaîtra le talent et accepter leur aide pour s’élever tout en s’assurant qu’elles s’élèvent aussi.
Rester à l’écoute de notre entourage comme des personnes que l’on connaît moins. Accumuler les actions positives qui attirent le positif (la fameuse loi de l’attraction!!). Ne pas avoir peur de se confronter à celles et ceux qui pensent autrement.
On dit souvent « trop bon, trop con » , mais être gentil ne veut en aucun cas dire qu’on se laissera marcher sur les pieds : cela veut simplement dire que d’être gentil nous apporte beaucoup de bonheur , mais que nous sommes lucides sur la situation et les personnes avec qui nous le sommes !
